La mixité dans la cour d’école

Objectifs de l'outil

Favoriser des relations égalitaires entre filles et garçons dans la cour de récréation ;
Amener les enfants à jouer à des jeux non traditionnellement associés à leur sexe ;
Favoriser la mixité dans les jeux organisés à la récréation.
La mixité dans la cour d’école

Description brève de l'enjeu

La cour de récréation, en opposition avec la classe, est un lieu où les enfants sont plus libres de faire ce dont ils et elles ont envie (Poupinel, 2015). Or, les stéréotypes sexuels y sont plus marqués et elle se pose comme un lieu d’expression de la domination masculine (Gagnon, 1999). Par exemple, les garçons ont tendance à exclure farouchement les filles de leurs jeux sportifs sur la base de leur sexe. Les garçons dominent également l’espace physique, leurs activités plus sportives demandant davantage d’espace (Poupinel, 2015) et les terrains sportifs (soccer, basketball, etc.) étant souvent localisés au centre de la cour (Brouze, 2017). Les filles, quant à elles, se réunissent en plus petits groupes, utilisent les marges et les recoins de la cour et priorisent des jeux où la compétition et l’agressivité ne sont pas valorisées (Ruel, 2005). La séparation filles-garçons dans la cour d’école est donc bien visible : si, à la maternelle, elle reste un peu floue, elle s’accentue avec l’âge des enfants (Poupinel, 2015). Les adultes jouent un rôle de surveillance et interviennent peu dans les jeux des enfants, sauf en cas de danger. Or, le libre choix des jeux chez les enfants renforce habituellement les stéréotypes sexuels (SCF, 2011). Il est donc important de mettre en place des stratégies qui favoriseront la mixité filles-garçons ainsi qu’un partage équitable de l’espace physique.

L’organisation de l’espace

Plusieurs études montrent que les garçons dominent l’espace physique dans la cour de récréation, reléguant les filles aux contours et à certains recoins. S’il est difficile de modifier une cour d’école déjà en place, il existe une activité de géographie sociale qu’on peut réaliser avec les élèves pour leur permettre de prendre conscience de leur occupation différenciée de l’espace selon le sexe. Voici une vidéo qui en démontre un exemple : https://matilda.education/app/course/view.php?id=218

Si, toutefois, vous avez l’occasion (et le budget!) de repenser une cour d’école, vous pouvez vous inspirer de ce qui a été fait dans cette école primaire de France. Cette vidéo présente plus en profondeur l’initiative :

Les jeux coopératifs dirigés

Puisque le fait de laisser les enfants jouer librement dans la cour de récréation accentue la ségrégation et les stéréotypes sexuels, il est important d’organiser des jeux qui peuvent plaire autant aux garçons qu’aux filles et qui favorisent la coopération et non la compétition. Si vous devez surveiller la cour, vous pouvez jumeler des élèves plus vieux qui aimeraient mener un jeu ou démarrer un jeu au début de la récréation et laisser les enfants jouer ensemble par la suite. Voici quelques sites web qui proposent une multitude de jeux coopératifs :

Références

BROUZE, Émilie (2017). « Égalité filles/garçons : et si on effaçait les terrains de foot des cours de récré ? », L’OBS avec Rue89, article publié le 19 février 2017, accessible à : https://www.nouvelobs.com/rue89/20170214.OBS5312/egalite-filles-garcons-et-si-on-effacait-les-terrains-de-foot-des-cours-de-recre.html

GAGNON, Claudette (1999). Pour réussir dès le primaire : filles et garçons face à l’école, Les Éditions du remue-ménage, Montréal, 173 pages.

POUPINEL, Laura (2015). La mixité dans les cours de récréation, mémoire, Université Paris Est Creteil, 51 pages, accessible à : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01212355/document

RUEL, Sophie (2005). Filles et garçons à l’heure de la récréation: la cour de récréation, lieu de construction des identités sexuées, Thèse en Sciences de l’Éducation, Université de Caen.

SECRÉTARIAT À LA CONDITION FÉMININE (2011). D’égal(e) à égaux: pour la promotion de rapports égalitaires entre filles et garçons dans les services de garde éducatifs. Québec: Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.